L'annulation de l'Endurose provoque l'indignation
L'épreuve devient un symbole
Communiqué du 11/07/2004
L'interdiction par la sous-préfecture de Villefranche sur Saône de l'ENDUROSE, unique épreuve sportive d'enduro réservée aux femmes, provoque une vague d'indignation et de soutien dans le monde de la moto verte. Les messages affluent pour dénoncer l'arbitraire auprès des autorités concernées. Car, contrairement à ce qu'ont pu croire certains, l'interdiction de cette course est un événement qui dépasse largement par son ampleur le stade de la suppression d'une course de quartier, et ce à plusieurs titres.
Premièrement, elle est un symbole de l'égalité et de la parité dans le monde du sport. A priori, quoi de moins féminin en effet que de rouler sur des engins d'un mètre de haut et de plus de 100 kilos, le tout avec un moteur de près de 40 chevaux sur des chemins caillouteux et défoncés. Et pourtant, des femmes adorent ça et le prouvent en revendiquant haut et fort leur volonté d'avoir des courses à elles pour pouvoir enfin s'exprimer sur cette discipline qui leur est souvent fermée.
En second lieu, à l'heure où l'Europe peine à progresser dans les esprits, l'Endurose réunit des filles de toute provenance. Et même si certaines ne peuvent pas venir pour des raisons de distance, la réputation de l'Endurose dépasse largement notre cadre national. Pour s'en convaincre, une consultation sur Google permet de constater que plus de 2250 pages évoquent l'Endurose et ce dans de nombreuses langues.
Enfin, cette annulation vient appuyer la conviction qu'ont de nombreux pratiquants que leur discipline est actuellement en danger de mort. Au nom du politiquement et de l'écologiquement correct, on est en train de sacrifier une notion dont une partie au moins est pourtant inscrite au fronton de toutes les mairies : la Liberté de circuler. Les enduristes font actuellement l'objet d'une vague de verbalisations et d'interdictions sans précédent. De là à penser que l'Endurose a été interdit sous l'impulsion de directives inavouées, il y a un pas que nous ne franchirons pas faute de preuves. Et pourtant, ce n'est pas faute d'indices.
A bien y réflechir, ces trois points symbolisent en fait notre triptyque républicain, ce qui explique la teneur des messages envoyés aussi bien à l'organisation pour les soutenir qu'aux autorités pour marquer leur indignation. Nul doute que ces dernières n'avaient certainement pas compris qu'en bloquant cette compétition, elles s'attaquaient alors à la symbolique qu'elles sont pourtant censées représenter. Quand la République se tire dans le pied…